Biens mal acquis : Obiang condamné et la BDF étrillée

 Ce vendredi 27 Octobre, le Tribunal Correctionnel de Paris a lancé un « avertissement solennel » aux dirigeants africains corrompus : Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, vient d’être condamné à 3 ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption. Le tribunal a également ordonné la confiscation de l’ensemble des biens saisis.

Un procès dont la Guinée équatoriale a toujours contesté la légitimité. D’ailleurs, Teodorin Obiang n’a jamais comparu aux audiences.

Une peine d’emprisonnement ferme n’a paru « ni nécessaire, ni adaptée » au tribunal, pas plus qu’une amende. Les juges ont expliqué avoir tenu compte de « l’attitude » de la  Société Générale et de la Banque de France, qui a pu « laisser penser » à Teodorin Obiang  qu’il « existait en France une forme de tolérance » vis-à-vis du blanchiment. Le Tribunal Correctionnel de Paris a en effet pointé la « complaisance » de la Société générale, estimant que ces faits de blanchiment n’auraient pas « été possibles sans l’intervention» de sa filiale équato-guinéenne, la SGBGE.  Les juges ont également étrillé la Banque de France, par laquelle ont transité des dizaines de millions de dollars et qui a « joué entre 2005 et 2011 un rôle déterminant dans les acquisitions de biens immobiliers et mobiliers » du dignitaire en France.

Désormais, la justice française cherche à savoir si les fortunes des familles d’autres dirigeants africains ont pu être bâties en France grâce à des fonds publics détournés. Deux autres procédures sont en cours : l’une concerne le patrimoine du clan d’Omar Bongo et au Congo, l’enquête porte sur le patrimoine de la famille du président Denis Sassou Nguesso.

Les soubresauts catalans 🇪🇸

Dans un couple, on ne peut contraindre l’un à aimer l’autre. On divorce. Mais dans un pays, peut-on forcer des peuples à cohabiter ensemble ? 

La question se pose en Espagne où les tensions vont crescendo entre la Catalogne (7,5 millions d’habitants) dirigée depuis 2015 par des indépendantistes et le gouvernement de M. Rajoy.

Le 1er octobre prochain, neuf cent quarante-huit villes catalanes devront, ainsi que le prévoit une loi régionale catalane organiser un référendum d’auto-détermination. Le gouvernement espagnol, considérant que ces dispositions sont illégales vient de saisir le Conseil constitutionnel pour obtenir leur invalidation. Et, en l’attente d’une décision -qu’il espère lui être favorable – le gouvernement de M. Rajoy pèse de tout son poids sur les administrations locales :  » il n’y aura pas de référendum d’auto détermination! » a t’ il martelé dans les médias. La réponse des Catalans a fusé  :

Les autorités catalanes ont créé une autorité électorale et lancé un site Internet consacré au référendum, ainsi qu’un spot publicitaire incitant à voter. Le spot diffusé par le gouvernement régional appelle au vote le 1eroctobre. La caméra avance lentement sur une voie ferrée qui se sépare en deux, avec le message : « Tu es né avec la capacité de décider, vas-tu y renoncer ? ».

Combien de temps Madrid peut-elle encore tenir ? En mars dernier, Artur Mas qui avait présidé la Catalogne entre 2010 et 2016 avait été condamné à 2 années d’interdiction de fonctions publiques pour avoir, en 2014, organisé une consultation sur l’indépendance de la région, consultation interdite par le Tribunal constitutionnel mais à laquelle 2 des 6 millions d’électeurs avaient participé. Près de 80% des votants avaient alors choisi de se séparer de l’Espagne…

Dans un siècle, quel sera le visage de l’Europe ? 🇪🇺