Chaque lundi, Bernie Shoot nous propose de colorer la journée. Et je vous rappelle qu’en Octobre, nous passons à l’orange ! 🙂

 

Le chrysanthème, LA fleur de saison ! 😉

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Lundi soleil 🌞 #8

En 140 caractères

Les casseroles de Bouillon

Coup de tonnerre à Lyon ! Gérard Collomb déplace Henri-Michel Comet, Préfet du Rhône et nomme, pour lui succéder, Stéphane Bouillon.

Qui va donc remplacer celui auquel l’on reproche de « graves dysfonctionnements » internes ? Un SuperPréfetMonsieurPropre ?

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Stéphane Bouillon… son nom vous dit probablement quelque chose. C’est lui qui, en Août dernier, avait « prêté » sa résidence au couple Macron.

Pendant deux ans (2006-2008), il fut préfet de la Loire. Jusque là, tout va bien. C’est après que ça se corse 🙂 🙂 Car le 28 Juillet 2008, Stéphane Bouillon est nommé préfet de la Corse du Sud. Il le restera pendant trois ans. Et de lui, les Corses s’en souviennent très bien…

Car le 3 mars 2011, la veille de son départ pour Paris, Stéphane Bouillon accorde plusieurs permis de construire à Julien Peretti. Plus exactement, quatre autorisations  de « réhabiliter des ruines » sur la commune de Coti Chjavari, lieu-dit Saparella, sous Acqua-Doria, en espace remarquable… alors que « sa » DDTM (Direction départementale des territoires et de la Mer) avait émis quatre avis défavorables… En réalité, Julien Peretti construira sept superbes villas et un restaurant en bord de mer. Le Préfet Strzoda, nouvellement nommé, refusant de retirer les permis illégaux, les associations U Levante et GARDE saisissent la justice. Et, deux ans plus tard, les 3 permis de construire de Saparella sont déclarés illégaux par le TA (Tribunal administratif).  Jugement que confirme la Cour administrative d’appel le 26 juin 2015. Le restaurant en bord de mer ? Le 10 novembre 2015, la Cour de Cassation en confirme l’illégalité. Mais aucune juridiction n’ordonne la destruction des bâtiments. De toute façon, c’est trop tard : le site de Saparella a été saccagé.

Le Préfet Bouillon, lui, est devenu le directeur de cabinet de Claude Guéant, alors ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration. En Avril 2012, peu après l’affaire Merah, il valide un communiqué annonçant l’expulsion en «urgence absolue» de cinq étrangers, islamistes extrémistes présumés. Parmi eux, Ali Belhadad, que la Préfecture présente comme un terroriste pour avoir «été condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech de 1994», qui avaient causé la mort de deux touristes espagnols. Mais il y a un problème : le communiqué avait été rédigé non pas sur la base de l’arrêté d’expulsion mais sur celle d’une note des renseignements généraux de la préfecture de police de Paris (RGPP). Or, cette note se trompait : ce n’était pas Ali Belhadad qui avait été condamné en 1994, mais quelqu’un d’autre…

Pour avoir validé le contenu du communiqué de presse sans avoir pris préalablement connaissance du texte de l’arrêté, Stéphane Bouillon fut condamné par le Tribunal Correctionnel de Paris à 800 € d’amende avec sursis outre 7000 € de dommages et intérêts à Ali Belhadad.

Alors, bonne chance à M. Comet(te) qui ne sera resté que sept mois à Lyon ! Espérons que son successeur fera mieux. En tout cas, qu’il épargnera des vies. Mais comme disait l’ami Raynaud : « Dis, tonton, pourquoi tu tousses ? »